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Notes prises au cours de la conférence réalisée dans le cadre du VIème FORUM SPORT SANTE (Montpellier Lundi 20 Janvier 1997) Dr Philippe JARDON (Skieur Alpiniste) Expérience de terrain: ski extrême INTRODUCTION ET DEFINITION Je souhaite au cours de ces quelques minutes faire un certain nombre de remarques qui ne concernent que la discipline que je pratique. Les observations qui vont suivre sont très étroitement liées à mon expérience personnelle. Elles n'engagent que moi. Bon nombre de ces remarques pourront être appliquées à d'autres sports qui nécessitent un engagement moral et un conditionnement mental et physique important. Définition du ski extrême : ski alpinisme ascension solitaire (nécessité de l'expérience de l'alpinisme solitaire sur des terrains extrêmement variés en autonomie complète) descente à ski proprement dite où toute chute est «interdite » risque vital Il s'agit par définition d'un sport de haut niveau La gestion du stress y est une question de survie Elle peut tout à fait être transposée à d'autres sports qui imposent à leurs pratiquants un risque de stress. LE STRESS LIE A LA DEMARCHE DU SPORTIF Une démarche nécessitant un engagement à long terme :. On ne devient pas skieur extrême du jour au lendemain. Le sportif qui veut se lancer dans la voie du ski extrême doit savoir que sa démarche va être très longue. Sa décision repose sur un engagement de longue haleine vis à vis de lui même son entourage familial des partenaires (sponsors et autres) enfin de la presse. De l'assise de cette décision finale, dépendra, pour beaucoup, l'équilibre psycho-sportif élément primordial de réussite. Sans cet équilibre, il ne peut y avoir de maîtrise du stress : Avant de mettre le doigt dans l'engrenage, le skieur alpiniste devra se retourner sur son vécu. S'il juge alors que son expérience acquise au cours des années qui précèdent la date du choix est suffisante pour se lancer dans la pente, dans tous les sens du terme, il pourra le faire sans regret. Il entrera alors dans une sorte de "professionnalisme" à but non lucratif. La décision ne doit appartenir qu'au sportif : Pour prendre sa décision, le sportif devra se poser les questions suivantes suis je capable de m'engager sur une longue période de ma vie? suis je capable de me heurter à l'incompréhension de mes proches dans les périodes de doute? suis je capable de subir la pression plus ou moins forte des médias? suis je capable de rendre des comptes à des personnes qui ne comprennent pas forcément les dessous de mon sport? suis je capable d'avoir une condition physique quasi permanente? suis je capable d'être prêt à partir à tout moment lorsque les conditions nivologiques sont optimales? Donc de maintenir ma motivation permanente? serai je capable de renoncer lorsque ces mêmes conditions nivologiques ne seront pas bonnes malgré la pression des sponsors, des rnédias et de mon amour propre? serai je suffisamment patient pour attendre des années avant de récolter les fruits de sacrifices que je devrais m'infliger, au niveau des résultats sportifs et au niveau de la reconnaissance des sponsors et de la quête de leur assistance? suis je conscient que le succès résulte bien souvent de l'analyse d'échecs précédents? De la sérénité lors de cette prise de décision, dépendra celle de toute la carrière du skieur extrême. On ne décide pas de faire du ski extrême sur un coup de tête à moins d'avoir des tendances suicidaires! C'est dans ces étapes préliminaires que le stress doit être minimisé. LE STRESS LIE AUX PROJETS Le sportif ne devra jamais oublier qu'une réalisation, qu'elle soit de haut niveau ou non, devra toujours répondre à un désir réel en dehors de toute contrainte. Si la pratique de la montagne, et raison de plus du ski extrême, doit se plier à des règles rigoureuses, elle doit, quoiqu'il arrive, être l'expression de la liberté du sportif. On aurait en effet du mal à imaginer un skieur dans une pente extrême qu'un tiers lui aurait imposé... Le skieur extrême, même s'il est aidé par des sponsors, même s'il subit la pression d'organes de presse, doit toujours rester l'unique décideur du choix de ses projets et de la manière de les mener. Cela lui impose une grande rigueur lors du choix de ses partenaires. 1) Conduite à tenir lors de l'édification de projet avec les partenaires C'est au sportif d'imposer dès le début sa liberté de manœuvre pour être en mesure d'agir en toute sérénité. Il sera impératif de renoncer à toute collaboration où la décision de renoncer à tout moment à tel ou tel projet n'incombera pas au sportif. Cela ne signifie pas qu'il ne faut pas respecter ses engagements vis à vis de ses partenaires! Du respect des engagements dépendra la qualité des rapports avec les partenaires. Ceux ci auront d'autant plus de respect pour le sportif qu'ils auront l'impression que ce dernier n'est pas "un trompe la mort". La rencontre avec les partenaires : La rencontre directe avec les partenaires est indispensable. Au cours de celle ci, l'exposé du projet par le sportif devra être aussi complet que possible. A son issue il faudra que le partenaire soit : - conquis parle projet
Un partenaire qui prend amicalement des nouvelles de son sportif et qui le rassure après un échec ou un projet reporté pour des conditions météo défavorables est un atout majeur pour le skieur extrême. Il en sera de même lorsqu'il saura ne pas faire de surenchère après un gros succès. Le sportif devra dès le début orienter l'état d'esprit de ses partenaires dans cette direction par une attitude adéquate basée sur le respect des partenaires et du public. Pour cela, une bonne communication est indispensable. Il en résultera compréhension et complicité. Ainsi pourra t il minimiser le risque de stress lié à son entourage. 2) Conduite à tenir lors du choix des objectifs sur le terrain Celui qui pratique la montagne ne le fait que par passion. Le choix de ses objectifs résulte de l'association de plusieurs facteurs : - la beauté de la montagne, de la face convoitée et de son environnement le challenge technique. Pour celui qui veut médiatiser ses réalisations, peut s'y ajouter l'aspect «photogénique» et spectaculaire de l'entreprise visée. Sans sous estimer ses capacités, le montagnard ne devra se lancer que dans des projets dont il se sent capable. Pour cela, il devra savoir jauger les caractéristiques techniques du challenge dans lequel il veut s'engager. Il devra donc rassembler suffisamment de renseignements pour connaître la face avant de se lancer dans son ascension et sa descente à ski. Il ne devra pas oublier d'y inclure les caractéristiques de l'approche. Il est difficilement concevable d'arriver serein au pied d'une face et encore moins à son sommet si on y arrive complètement épuisé parce que l'on a négligé la difficulté d'approche. Il faut toujours, lorsque cela est possible, effectuer une reconnaissance pour juger de visu du projet. Cela est toutefois impossible lorsque le projet s'inscrit dans le cadre d'une expédition lointaine. Les avantages de cette démarche sont nombreux : cela permet d'évaluer l'ampleur du projet cela permet d'affiner le projet par un repérage aux jumelles depuis un sommet satellite si la reconnaissance est effectuée l'été, cela permet de mieux repérer les obstacles rocheux cela permet d'adapter à l'avance la logistique et le matériel de façon précise. Il faut tendre à tout prévoir pour que l'improvisation puisse se faire le jour « J » en toute sérénité. Il s'agit là de l'un des moyens les plus efficaces pour réduire le stress. Le skieur extrême a un besoin quasi maladif d'action. Il ne peut rester inactif. C'est pourquoi il est essentiel pour lui qu'il ait toujours des projets en réserve. La quête d'objectifs est indispensable à son équilibre. Son besoin de rebond après chaque réalisation ne doit pas se heurter à un vide prospectif. Sa vie d'alpiniste est une démarche linéaire. Chaque réalisation doit y inscrire un nouveau pas, jamais un achèvement. Il n'y a rien de plus déprimant pour lui que de se trouver exclu de cette vie commune avec la montagne par manque de projets. Si c'était le cas, toute contrariété dans sa vie de tous les jours pourrait devenir sujet de stress exacerbé! Le deuxième intérêt d'avoir des réserves de projets, est de pouvoir remplacer une tentative rendue impossible par de mauvaises conditions météo ou nivologiques. Le stress du renoncement est ici remplacé par une remotivation instantanée sur un projet de remplacement dans lequel il peut se remobiliser à 100 %. S'il en arrive à ce stade, le skieur alpiniste est alors sûr de son engagement. Il est désormais prêt à affronter le terrain. LE STRESS SUR LE TERRAIN Le terrain peut être décomposé en cinq unités de temps et de lieu : 1 les jours qui précèdent le départ 2 le trajet vers le théâtre des opérations 3 l'approche 4 l'ascension 5 la descente 6 le retour 1 Les jours qui précèdent le départ On n'est pas skieur extrême à plein temps. Toutefois, la période qui précède une réalisation en montagne mobilise mentalement le skieur alpiniste sur une longue période de façon intense. Cela est tout à fait normal. Mais cela ne doit pas faire naître en lui une véritable obnubilation qui le déconnecterait des réalités de la vie de tous les jours. Bien au contraire devra t il s'ouvrir sur son entourage de façon à ne pas lui faire subir la pression dont il est l'objet par sa concentration qui va augmentant depuis des semaines. En retour, les rapports décontractés qu'il pourra avoir avec ses relations proches ou lointaines entretiendront la sérénité indispensable pour lutter contre le stress préliminaire à la mise en action sur le terrain. Dans la mesure où les préparatifs et l'entraînement auront été bien menés au jour le jour depuis des mois voire des années, le skieur n'aura aucune raison de s'inquiéter au seuil du départ. Sans risquer de perdre sa motivation, le sportif aura intérêt à sortir un peu de son projet pour éviter un phénomène de rejet dû à la saturation mentale qui pourrait s'installer. Pour se protéger, il aura tout intérêt à fuir les contacts qui tendent à provoquer cette saturation et favoriser ceux qui lui permettent une forme d'évasion intellectuelle dans la limite du raisonnable. L’entraînement des derniers jours devra avoir pour seul but de confirmer l'indispensable condition physique. Celle ci est essentielle! Si le skieur alpiniste avait le moindre doute à ce propos, il devrait avoir la sagesse de repousser la réalisation... Le sportif ne doit pas se sentir en forme, il doit impérativement se savoir en forme. Pour cela, des tests précis lui donneront toute certitude lors de ses ultimes entraînements. Il s'agit là d'un excellent moyen pour minimiser le stress. 2) Le trajet vers le théâtre des opérations Il y a deux cas de figures :
Pour limiter mon intervention, je n'évoquerai que le deuxième cas. Il est évident que le trajet devra être le plus décontracté possible. Cela sous entend que le matériel sera bien conditionné, prêt, réglé et facile à mettre en oeuvre dès l'arrivée au début de la marche d'approche. Il faut à tout prix éviter les courses de dernière minute sur le trajet parce que l'on aura négligé de s'en préoccuper à l'avance. Le voyage doit permettre la transition mentale entre la vie citadine et les préparatifs d'une part et la mise en action sur le terrain d'autre part. Si le voyage est long, on n'oubliera pas non plus de faire la provision de sucres lents et de bien s’hydrater. On se gardera bien de faire des essais pseudo gastronomiques qui pourraient avoir des effets néfastes sur la digestion des membres de l'équipe. Le bien être physique et mental est la priorité au cours du voyage. Je viens d'employer pour la première fois le mot d'équipe. Le skieur est en effet bien souvent accompagné dès ce stade par son équipe. Elle sera chargée de l'assistance et bien souvent des prises de vue. Le nombre de ses membres devra être le plus réduit possible. Ceux ci devront connaître le skieur dans toutes ses réactions. Leur entente devra être parfaite. Le respect de l'engagement des uns vis à vis des autre et du leader devra y être implicite dans toutes les réactions de chacun. Le temps du voyage doit être celui de la bonne humeur et de la décontraction. Si un petit briefing de dernière minute est nécessaire, il ne devra pas y occuper trop de temps... La confiance du skieur en son équipe doit être totale. Il a besoin d'une présence sûre et complice. Il doit se sentir soutenu dans son entreprise. Voici encore une arme pour lutter contre le stress. Le skieur devra toujours éviter de se faire accompagner par des défaitistes, ou des partenaires trop proches affectivement qui pourraient lui communiquer leur angoisse. 3) L'approche L'approche doit être le temps de l'isolement pour le montagnard. Tous les soucis de la plaine doivent être évacués. Pendant cette période, le skieur va devoir intégrer un grand nombre d'informations : confirmation sur le terrain des prévisions météo, de la nivologie etc... Le skieur alpiniste "entre en montagne". S'il a la face en point de mire, il pourra la toiser sans pour autant se faire écraser par son ampleur et se laisser intimider. La qualité de sa forme physique au cours de cette ascension préliminaire devrait inhiber ses doutes et ses craintes. Il devra avant tout être heureux de venir en découdre. Il sera rassuré s'il en était besoin par sa bonne forme physique. Il s'agit là de son ultime test. Au cours de l'approche, il ne faut pas oublier de se nourrir et de s’hydrater. Le montagnard doit savoir se ménager pour ne pas brûler toutes ses cartouches. Il doit impérativement arrivé gonflé à bloc au pied de la face. Si pendant l'approche, les partenaires se dirigent dans d'autres directions pour des raisons de prises de vues, de petites vacations radio à heures précises, seront les bien venues. Elles permettront une mise en confiance globale de l'équipe. L'attention du leader sera toujours entière vis à vis d'informations que ses coéquipiers pourraient lui communiquer par radio. Il sera suffisamment livré à lui même par la suite. Cet accompagnement par les ondes est une transition vers la solitude qu'il va bientôt connaître dans l'assaut proprement dit. 4) L'ascension Avec le début de l'ascension s'achève la phase de rupture totale de l'alpiniste avec la vallée. Elle sera d'autant moins violente que le montagnard y aura été amené de façon progressive au cours des étapes précédentes. Seul lien avec ses partenaires : les vacations radio. Leur seul but sera d'avertir le grimpeur de tout danger imprévu et de coordonner les prises de vues s'il doit y en avoir. L'équipe film se gardera bien d'inonder le grimpeur d'indications qui tendraient à le déstabiliser. Le skieur en bon alpiniste qu'il est, aura bien sûr soin de tenir son horaire en sachant garder de la réserve sous le pied pour être physiquement et psychiquement intact pour aborder la descente. Cela sous entend qu'il aura étudier son timing à l'avance en y ayant inclus une marge de sécurité importante. L'ascension lui permettra de reconnaître la descente avec tous les pièges qu'elle peut renfermer. Elle lui assurera l'intégration mentale et physique de 1a pente. Une forme d'acclimatation en somme. Elle confirmera ou modifira les informations glanées au cours des reconnaissances préalables. Cette phase lui donnera l'occasion de repérer l'emplacement de points d'ancrage d'éventuels rappels qui pourraient lui être nécessaires pour franchir un passage inskiable. Il sera de bon ton de les placer à l'ascension. La possibilité de sécuriser une descente par un éventuel rappel minimisera les possibilités de stress. Enfin, elle permettra de juger des conditions nivologiques. Si elles se révélaient inadéquates, la descente devrait ni plus ni moins être reportée à une autre tentative. La motivation devra toujours être modulée par la clairvoyance. Il ne faut pas confondre motivation et inconscience. Le skieur extrême doit toujours savoir renoncer lorsque les conditions le réclament... Sa vie en dépend. L'arrivée au sommet se fera sans aucune précipitation. La communion avec la nature ne devra pas engendrer une ivresse telle que le grimpeur y perde une partie de sa lucidité et de sa mobilisation mentale pour la descente. Le sommet lui permettra de récupérer et d'évacuer la tension emmagasinée au cours de l'ascension. Le grimpeur prendra soin de se réhydrater et de consommer paisiblement des barres énergétiques. Une vacation radio avec ses partenaires lui permettra d'échanger quelques mots complices. Il ne devra faire preuve d'aucun empressement. 5) La descente Le grimpeur va devenir skieur. Il doit passer en quelques instants de ses appuis statiques par l'intermédiaire de ses crampons et de ses piolets à des appuis glissés et des équilibres dynamiques sur ses skis. Cela lui impose une modification totale de ses perceptions. C'est la raison pour laquelle, il doit opérer cette transition de façon calme et posée et le plus confortablement possible. Pour cela, je me permets d'insister à nouveau. L'alpiniste doit impérativinent s'imposer un temps de récupération au sommet. Celui ci sera d'autant plus long qu'il aura dû s'employer lors de l'ascension. De nouveau j'insiste, la consommation de boisson et de sucres rapides est ici indispensable. Cette période de restauration ne sera possible que s'il a su tenir son horaire et gagner la course contre la montre avec le soleil. Ce dernier risque, s'il est trop tard, de modifier en sa défaveur les conditions de neige. Toute cette période doit être celle de la relaxation et une vacation radio, comme je viens de le dire plus haut, avec ses partenaires et autres cinéastes sera la bien venue. Mais lorsque l'ultime décision d'entamer la descente est prise et que le skieur s'approche de l'abîme pour y plonger à l'occasion du premier virage, la concentration doit être totale. Plus rien ne doit le perturber. Son esprit doit être entièrement fixé sur la pente. Sa sécurité est l'essentiel. La meilleure arme contre le stress est sans hésitation la concentration extrême. La concentration extrême est une forme de stress positif qui doit chasser toute forme de stress négatif qui démobiliserait les fonctions nécessaires à la survie du skieur. Ce qui importe c'est de vivre la descente mètre après mètre de manière à ne pas se laisser impressionner par une perspective fuyante déstabilisante pour le skieur par exemple. Il ne faut pas laisser la moindre emprise à l'angoisse qui générerait un stress négatif. La gestion du stress consiste plus à éviter la dérive du stress positif vers le stress négatif. Le stress est ici un élément indispensable de sécurité. La gestion du stress passe par la gestion de la fatigue. Un replat ou une section moins raide pourra donner au skieur l'occasion de récupérer et de ménager ses cuisses et ses mollets. Il n'y a rien de plus terrible que de sentir la crampe venir dans une pente extrême. Il faut la prévenir car il sera extrêmement difficile de la guérir. Pour éviter le stress lié à une telle défaillance, il faut tout d'abord l'éviter par l'entraînement mais nous en avons déjà parlé. Le skieur doit absolument connaître ses sensations musculaires pour savoir temporiser au cours de la descente par des arrêts dans les sections les moins raides. Le skieur doit également être à l'écoute de ses rythmes cardiorespiratoires. Il pourra ainsi les réguler et favoriser une bonne oxygénation musculaire. En cas de crampes réelles, le skieur aura toujours la possibilité d'ancrer son piolet, de s'y longer et éventuellement de poser une broche à glace pour s'y assurer le temps de récupérer et de soulager ses muscles. Il aura tout loisir de se réhydrater et ingurgiter une barre énergétique. Cela ne s'improvise pas. Piolets et broches doivent être disponibles à tout moment de la descente. Leur mise en oeuvre peut nécessiter d'être instantanée. S'il a placé des ancrages lors de la montée, sa tâche sera favorisée. Si le skieur retrouve l'intégralité de ses moyens, il pourra reprendre la descente. Dans le cas contraire, il n'aura aucune honte à déchausser et profiter de l'ancrage pour se "sauver" en rappel vers le bas de la face. La plus grande victoire consiste parfois à savoir renoncer à temps. Savoir que la possibilité de la sagesse existe, permet d'éviter toute dérive vers le stress négatif. La tension de la descente est importante. Le skieur doit la maintenir jusqu'au bas des difficultés, c'est à dire jusqu'à la base de la face. Tout relâchement prématuré risquerait de le réconfronter à une difficulté qu'il ne serait plus à même d'assumer. Un effet de stress négatif pourrait alors lui être fatal... Il ne faut pas oublier que la fatigue est désormais présente! 6) Le retour La descente est réussie. La tension chute, l'adrénaline aussi. Le retour vagual est bien connu des physiologistes. Le skieur extrême n'y échappe pas. Il doit en tenir compte : c'est à dire de prendre le temps de se reposer après le succès. Dormir est la meilleure manière d'y parvenir. Cela pourra peut être lui sauver la vie, s'il doit reprendre le volant pour rentrer chez lui. Une course en montagne est vraiment terminée lorsque l'on enfile ses pantoufles à la maison. Conclusion Si la gestion d'un grand nombre d’impératifs, le stress n'étant pas l'un des moindres, est indispensable dans la pratique de la haute montagne, l'alpiniste, quel que soit son niveau, n'oubliera jamais que la montagne est avant tout un espace de rêve et de liberté. |